Pandora, la première femme

Un oratorio pour notre temps

Il y a trois mille ans,

le poète grec Hésiode crée le mythe de Pandora pour interroger les rapports entre les hommes et les femmes, la procréation, la complexité d’un monde vivant bisexué.

Aujourd’hui,

alors que ces questions fondamentales provoquent de nouveau des débats intenses, L’Arsenal d’apparitions choisit de réinventer l’histoire de Pandora, la première femme, sous la forme vivante et spectaculaire d’un théâtre chanté et dansé.


 

Spectacle musical pour 6 interprètes, inspiré par le mythe d’Hésiode

Tous publics à partir de 13 ans

Durée 1h15 environ

 

Spectacle musical pour 6 interprètes – une comédienne-danseuse, deux chanteuses, deux chanteurs et une multi-instrumentiste – piano, claviers, percussions.

Texte et mise en scène
André Roche
Musique
Dmitri Negrimovski
Chorégraphie
Olivier Viaud

Avec :
Pauline Pelosi, soprano : Pandora
Stéphanie Boré, contralto : Zeus 1, l’aigle de Zeus
Antoine Chenuet, ténor : Épiméthée, Zeus 2
Francisco Gil, baryton : Prométhée
Eva Kovic, comédienne-chanteuse : Tirésias
Solène Ménard, multi-instrumentiste (piano, claviers, percussions)

Durée
1h15 environ

Fiche technique à télécharger ci-dessous dans la section Espace pro

Production
L’Arsenal d’apparitions

La compagnie L’Arsenal d’apparitions est soutenue par la communauté de communes du Maine-Saosnois et le conseil départemental de la Sarthe. Ses créations et ses actions de médiation culturelle sont régulièrement soutenues par la DRAC Normandie, la DRAC Pays de la Loire, la région Pays de la Loire, la région Centre (dispositif PACT), la préfecture de l’Orne, la Ville et la communauté urbaine d’Alençon, la Ville de Mamers, le parc naturel régional du Perche, la SPEDIDAM, et par des partenaires privés.

 

Zeus, chanté

Pandora, ôte le bouchon de ta jarre.
Dès que ce qui est dedans sera sorti, referme-la.

Pandora, parlé

Bien.

Épiméthée, parlé

Pandora,
Pourquoi, pourquoi ce sourire étrange ?

Pandora

Étrange ? Je suis venue pour…

Elle regarde ses mains, puis manipule
la jarre au ralenti, en silence.

Épiméthée

Qui t’envoie, dis-tu ?
Qu’apportes-tu ?
Qu’y a-t-il dans ta jarre ? 

Pandora

Dans la jarre… 

Épiméthée

Pourquoi l’ouvres-tu
avec ce sourire étrange ?

(Déflagration, sirènes, chuchotements.
À l’écart, un sablier apparaît. Le sable commence à s’écouler.)

Ah ! Malheur de malheur !
Le soleil coule et se noie.

Depuis plus d’un siècle, des femmes luttent pour l’égalité des sexes et contre les préjugés dégradants à leur égard. Cette discrimination est-elle apparue à l’époque moderne ou bien remonte-t-elle plus loin, avant même la fondation des religions monothéistes, souvent accusées de misogynie ?

Les Grecs de l’Antiquité se demandaient déjà pourquoi le monde des humains comporte deux sexes, masculin et féminin. Qu’est-ce que ça veut dire ? Et comment se fait-il qu’un seul sexe, le féminin, porte l’enfant et le fait sortir de son ventre ? Comme si ce paradoxe ne suffisait pas, les femmes ne se contentent pas d’enfanter des filles mais elles enfantent des filles et des garçons. Pourquoi cette disparité et, au fond, pourquoi y a-t-il des femmes ?

Il y a près de trois mille ans, le poète grec Hésiode a imaginé une histoire, un mythe, qui aiderait à comprendre. Cette histoire, c’est celle de Pandora, la première femme. Mais est-elle vraiment “celle qui a apporté aux hommes tous les maux“, dans sa fameuse boîte ? On verra que le détail du récit rend compte d’une conception du monde beaucoup plus subtile, complexe et originale qu’il n’y paraît.

La création du spectacle Pandora, la première femme accompagne une réflexion sur des sujets dont l’actualité n’est plus à prouver : les féminismes, le patriarcat, l’égalité sociale, la procréation sous toutes ses formes, etc.. C’est aussi une contribution au débat, qui vise à susciter la parole et inciter à la réflexion. Ainsi des temps de rencontre et de dialogue avec le public pourront être organisés en amont et/ou en aval de la représentation — dans les lieux de diffusion, les établissements scolaires, les structures sociales, les lieux associatifs citoyens.

 

Qu’est-ce qu’un oratorio ?

Un oratorio est une œuvre lyrique dont le sujet, essentiellement moral et/ou religieux, est développé sous la forme d’un dialogue dramatique faisant alterner chœurs, airs et récitatifs, chantés sans amplification. À l’origine, au XVIIe siècle en Italie, les oratorios étaient donnés en concert dans des églises, sans mise en scène.

Depuis, de nombreux compositeurs (Igor Stravinsky, Benjamin Britten, mais aussi Paul McCartney ou John Adams) en ont créé sur toutes sortes de sujets – moraux, religieux ou mythologiques – pour le théâtre ou pour être mis en scène dans des églises. On les appelle alors opéras-oratorios.
De même, notre Pandora est conçue pour être représentée sur la scène d’un théâtre, mais aussi dans une église ou tout autre lieu patrimonial pouvant être équipé de la technique nécessaire.

Argument

Le devin Tirésias accueille le public d’aujourd’hui et s’interroge sur l’existence de deux sexes. Il annonce la représentation du mythe de Pandora.

Le Chœur se lamente sur l’état désastreux du monde moderne : comment l’humanité en est-elle arrivée là ?
Tirésias rappelle qu’au temps des origines, le titan Prométhée a volé le feu aux dieux pour le donner aux hommes, et que Zeus, le roi des dieux, s’est vengé. Il a demandé à Héphaïstos, le dieu-forgeron, de créer une figure à l’image des déesses. Ce fut Pandora, la première femme.
La voici qui arrive sur terre, épouse Épiméthée, le frère de Prométhée, et ouvre la jarre que Zeus lui a donnée comme cadeau de mariage.
Du récipient sortent tous les malheurs de la terre, qui jusqu’ici était un monde d’abondance et d’éternité. Le Chœur, terrifié, recense les calamités que l’humanité provoquera ou subira au cours de l’Histoire. Il prend acte de ce que le monde est dorénavant fait de joie mais aussi de douleur, que la vie prend fin avec la mort (…)

 

L'équipe artistique de Pandora, la première femme

L’équipe artistique de Pandora en octobre 2020 au Quai des arts à Argentan

De gauche à droite : Olivier Viaud, Solène Ménard, André Roche, Antoine Chenuet, Eva Kovic, Pauline Pelosi, Stéphanie Boré, Francisco Gil, Dmitri Negrimovski.

En savoir plus sur l’équipe artistique : voir le dossier de présentation téléchargeable en bas de page

 

Pandora, la première femme convoque les artifices de la tragédie antique qui ont traversé les siècles – récitante, chœur, dialogues parlés sur de la musique, chant soliste ou polyphonique – mais c’est avant tout une création d’aujourd’hui.
Dans le cadre dramaturgique du théâtre dans le théâtre qui autorise les allers-retours entre notre présent et le temps “mythique“, le personnage de Tirésias s’adresse au public d’ici et maintenant avant de “déclencher“ la représentation de l’histoire de Pandora.

Du point de vue de la mise en scène, dans ces deux formes que sont l’adresse au public et l’action proprement dite, tout s’oppose : l’action mythologique fait ici appel au théâtre masqué (Zeus est représenté par une chanteuse et un chanteur dissimulés sous un seul et même masque) et au travestissement ; le geste est parfois stylisé jusqu’à la danse ; la voix parlée glisse progressivement jusqu’au chant, avec une large palette expressive allant du chuchotement à l’épanchement opératique en passant par le parlé-chanté. Le personnage de Tirésias, capable de voyager dans le temps, conserve le registre de la parole d’aujourd’hui, quotidienne le plus souvent, créant une tension avec le jeu formel des chanteuses et chanteurs qui figurent les autres personnages grecs.
De même, le chœur (à un par voix) s’exprime différemment suivant qu’il figure le chœur tragique antique ou une foule contemporaine.

Ces allers-retours temporels et stylistiques se font parfois par glissement, parfois plus brutalement. Il peut aussi y avoir, exceptionnellement, superposition des temporalités.

En savoir plus dans le dossier de présentation téléchargeable en bas de page

 

Résidences

du 19 au 23 octobre 2020 au Quai des arts à Argentan (61)
du 27 au 31 mars 2021 aux Bains-Douches à Elbeuf (76)
du 17 au 22 mai 2021 dans la chapelle collégiale de la Maison du parc naturel régional Normandie-Maine, à Carrouges (61)

Ouverture au public à certaines dates. Plus d’infos ici prochainement.

Espace pro

Dossier de création

pdf – 0,7 Mo

Fiche technique

pdf 0,17 Mo